Partager:

Dans chaque village, dans chaque quartier, il y a ces lieux qui rassemblent.

Un sentier au bord de la rivière, une salle communautaire animée, une patinoire, un atelier de théâtre ou une bibliothèque lumineuse. Ces espaces sont bien plus que des infrastructures : ils sont le cœur battant de nos communautés. C’est là que se tissent les liens, que se bâtissent la santé, la solidarité et le sentiment d’appartenance.

Mais ce cœur, il faut en prendre soin. Dans plusieurs municipalités, les ressources s’essoufflent, les bénévoles se font rares, les bâtiments vieillissent. Et pourtant, les besoins, eux, ne cessent de croître. Le monde municipal est à un tournant : comment continuer à offrir des milieux de vie dynamiques, inclusifs et inspirants, malgré les contraintes financières et les défis du quotidien ?

La réponse passe par une vision renouvelée du loisir, du sport et du plein air.

Reconnaître le loisir culturel comme une priorité municipale, c’est reconnaître son rôle essentiel dans la participation citoyenne et le mieux-être collectif. Les activités culturelles locales nourrissent la créativité, rassemblent les générations et renforcent la cohésion sociale. Elles méritent une place claire dans les politiques municipales, au même titre que le sport et les loisirs actifs.

L’accessibilité universelle doit aussi devenir un réflexe dans les décisions de nos élus municipaux. Rendre les équipements et les activités accessibles à tous, soutenir les clubs de sport adaptés et offrir des services d’accompagnement; ce sont là des gestes concrets d’inclusion. L’inclusion, ce n’est pas une intention : c’est une action continue.

Et que dire des bénévoles, ces piliers souvent invisibles de la vie municipale ? Leur implication doit être reconnue, célébrée et soutenue. Les municipalités peuvent y contribuer, notamment en intégrant la valorisation du bénévolat à leurs politiques et en créant des conditions favorables à leur engagement durable.

Les petites municipalités, elles, font face à des réalités particulières : une offre sportive et culturelle souvent plus restreinte et des moyens plus limités. Une solution peut passer par la coopération intermunicipale : partager les arénas, les piscines, les parcs, c’est unir les forces pour le bien commun et renforcer la fierté régionale.

Le plein air est un autre levier d’avenir. Ce n’est plus un simple loisir, mais un facteur de santé publique, de développement local et de préservation de l’environnement. Aménager des espaces naturels accessibles, protégés et conviviaux, c’est investir dans notre qualité de vie, aujourd’hui et pour les générations à venir.

Enfin, la participation citoyenne doit redevenir le moteur de nos décisions locales. Des budgets participatifs, des démarches collectives, des projets portés par les écoles et les organismes permettent aux citoyens de reprendre part à la vie publique. C’est collectivement que nous pouvons apporter des changements durables dans nos communautés.

Nos municipalités peuvent se contenter de gérer des équipements, ou choisir d’être de véritables bâtisseuses de communautés.

Et si on décidait, ensemble, de faire du loisir les racines vivantes d’un développement humain, durable et fier dans nos municipalités ?

Julie DeCourval, Directrice générale